Hausses des matières premières : ce que nous préservons, et ce que la situation pourrait rendre nécessaire

Une tension tarifaire qui s’installe dans la filière.

Nous évoquions en avril les premières hausses de matières premières attendues pour 2026. Le mouvement s’est nettement accéléré depuis le début de l’été. Les fabricants de laminés (supports incontournables de la fabrication PCB) enchaînent les hausses tarifaires depuis le début de l’année. Le phénomène concerne toute la filière PCB et tous ses acteurs, la cause structurelle étant connue : la demande exceptionnelle des data centers et de l’intelligence artificielle mobilise massivement les substrats, la fibre de verre électronique et le cuivre laminé.

Une pression qui n’est pas neuve : mais que nous avions absorbée jusqu’à présent.

La tension sur les matières premières et la forte demande PCB ne datent pas de cet été : elles se sont installées dès la seconde moitié de 2025. Sur cette période, nous avions pu absorber l’essentiel de l’effet en interne, sans le répercuter à nos clients : actualisations régulières de notre barème, introduction de nos règles de MOQ, et un effet de change qui était plus favorable qu’aujourd’hui. Cette combinaison nous a permis, pendant plusieurs trimestres, d’éviter à nos clients de sentir la pression exercée sur nos coûts, voire de leur faire profiter de baisses de prix, spontanément.

Malheureusement, cette absorption n’est plus tenable aujourd’hui. L’ampleur des hausses matières, cumulée à un euro moins favorable, dépasse ce que nos leviers internes peuvent compenser. La même logique qui nous conduisait hier à protéger nos prix nous conduit aujourd’hui à devoir les ajuster : nous baissons quand nous pouvons, nous ajustons quand nous devons, la mécanique est la même, ce sont les conditions qui ont changé.

Ce que nous préservons et ce que nous ajustons.

Sur les références déjà outillées chez nous, notre engagement historique reste en place pour le moment et tant que possible : les prix actualisés restent valables un an. Cette règle a traversé toutes les évolutions du marché depuis plusieurs années, et nous y tenons parce qu’elle constitue l’une des colonnes de la stabilité que vous nous demandez.

Sur les nouvelles cotations, en revanche, nous devons resserrer notre fenêtre d’engagement, qui passe de quatre-vingt-dix jours à trente jours. La volatilité actuelle des matières ne nous permet plus de tenir un engagement au-delà. C’est un ajustement mesuré, aligné sur ce qui devient la norme du marché dans le contexte actuel.

Ce que la situation pourrait rendre nécessaire.

Les analyses de marché et les échanges avec nos partenaires de la filière convergent sur une continuation de cette tension jusqu’au troisième trimestre 2027 environ. Cette projection reste, par nature, spéculative (nous n’avons pas de boule de cristal, et personne ne peut garantir un horizon à douze ou dix-huit mois), mais elle donne un ordre de grandeur utile pour se situer.

À cette intensité, et sur cet horizon, il n’est pas exclu que notre stabilité historique sur les références outillées doive, dans les mois qui viennent, être adaptée. Nous ne sommes pas dans ce scénario aujourd’hui. Mais nous préférons vous en avertir dès maintenant, plutôt que vous mettre devant un fait accompli le jour où un ajustement deviendrait inévitable.

Ce que nous continuons de faire

Nous suivons de près les évolutions matières et nous vous en tiendrons informés au fil de leurs répercussions concrètes sur nos AR et cotations. Sur les affaires en cours et les prochains besoins, la meilleure méthode reste l’échange dossier par dossier : c’est là que nous pouvons ensemble faire les arbitrages les plus justes.

Nikki et moi restons à votre disposition.

Guillaume